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Voiture électrique : son impact sur l’après-vente au coeur d’une étude

La National Automotive Training Association (ANFA) vient de publier une étude sur l'impact sur le secteur automobile de la baisse des ventes de voitures diesel combinée à l'arrivée des modèles électriques.

Le contexte

Face au changement climatique, l'Union européenne a établi une feuille de route particulièrement contraignante pour les constructeurs, dont chacun doit disposer d'une moyenne maximale de 95 grammes de CO2 par kilomètre calculée sur l'ensemble des ventes de leurs voitures. Une cible, en revanche, modulée selon différents paramètres..

En 2030, l'objectif sera abaissé à 59 grammes. Cela oblige les marques à développer de moins en moins de modèles émetteurs, notamment électriques (batterie et / ou cellule hydrogène) et hybrides, rechargeables ou non. C'est un véritable défi car les clients se tournent de plus en plus vers les voitures lourdes comme les SUV...

Autre limitation: la suppression de la commercialisation en 2040 des modèles fonctionnant à essence ou diesel..

Même le vieillissement de la flotte

L'entretien d'un véhicule électrique est beaucoup moins lourd que celui des modèles thermiques. «C'est la moitié de la facturation après-vente», précise Jocelyn Gombault, chef de projet de l'observatoire des métiers de l'automobile créé par l'ANFA. Le passage à l'essence a également un impact significatif, car le montant des factures d'entretien est 20% plus élevé avec le diesel..

Les limites et les incertitudes conduisent les automobilistes à garder leur voiture plus longtemps. «On peut estimer que l'âge des véhicules possédés en France devrait atteindre 12 ans en moyenne d'ici 2036», rapporte Jocelyn Gombault. Cela n'affectera pas les opérateurs d'entretien et de réparation des voitures de la même manière.

Les ateliers des concessionnaires seront les plus touchés par cette situation. S'ils représentent 72% des interventions réalisées sur les voitures mises en circulation depuis moins de 2 ans, le pourcentage tombe à 20% pour les modèles âgés de 10 à 14 ans, et même à seulement 12% pour. Au profit des mécaniciens indépendants dont la participation passera de 8 à 44 et autour de 55% pour les mêmes unités.

3 scénarios

L'ANFA s'est entourée d'experts de l'analyse économique du Salon pour imaginer 3 scénarios de développement de véhicules électriques vers 2036. Dans le premier, les ventes et l'utilisation de véhicules électriques restent limitées, obligeant le législateur européen à relâcher la pression sur les constructeurs.

Plus en ligne avec les projections de la plateforme automobile PFA, la deuxième tendance cède la place aux voitures électriques sous forme d'améliorations technologiques et de mise en place d'un réseau de recharge efficace.

Pour le troisième scénario, les chercheurs ont adopté la stratégie adoptée par Volkswagen dans laquelle les voitures électriques avec batteries de traction deviennent la norme. Le phénomène augmente avec la réduction conséquente des prix dans ces modèles..

Compte tenu du vieillissement du matériel roulant, les voitures électriques représenteraient 10% dans le scénario défavorable à 15 ans et 30% dans le scénario plus dynamique. A ce stade, les modèles diesel ne représenteraient que 5 à 30% du marché. L'impact sur le chiffre d'affaires resterait généralement assez contenu dans l'après-vente, avec une baisse de 2 à 10%.

Peur du personnel

Il s'agit plus de l'adhésion que de l'ANFA. Chaque année, «entre 100 et 1 300 emplois seraient menacés d'ici 2036 en raison des modifications moteur», estime Jocelyn Gombault..

Les curseurs sont même poussés à 700 et 1900 positions sont éliminées par an y compris d'autres facteurs encore plus pénalisants lorsqu'ils sont combinés, comme «la diminution du kilométrage moyen, la fiabilité croissante des véhicules, la situation économique et sanitaire, l'évolution des pratiques de consommation. , ainsi que les politiques budgétaire et monétaire ".

Croisant ces projections avec l'augmentation de l'âge moyen des véhicules, le chef de projet prédit que «les réparateurs indépendants n'ont pas grand chose à craindre». Même dans le scénario le plus optimiste pour les voitures électriques, où ces professionnels recevraient encore 4 modèles à moteur thermique pour 5 véhicules reçus en une quinzaine d'années.

Dans les ateliers concessionnaires, en revanche, la baisse serait assez brutale, de 17 à 59% en fin de période ", en raison de l'afflux de jeunes véhicules électriques sur le marché de l'après-vente. En termes de chiffre d'affaires, les pertes seraient comprises entre 6 et 19% dans les réseaux constructeurs.Les carrossiers, quant à eux, ne seront pas affectés par le développement du parc automobile français...

Opinion de l'auteur

Ce qui soulève inévitablement des interrogations dans cette étude, c'est l'absence totale de projections sur les possibilités de création d'emplois qui peuvent découler du développement de la mobilité électrique...

Cependant, les professionnels s'activent ou implorent que l'industrie automobile se développe cette fois-ci. Déjà avec le retrofit, mais aussi et surtout en ouvrant la possibilité d'intervenir sur les batteries de traction lorsqu'il devient évident que le remplacement de certains modules ou autres éléments dans les packs est la meilleure solution pour l'automobiliste. Nous sommes également dans le service après-vente..

Si cette possibilité n'est pas prise en compte, l'étude apparaît comme une charge supplémentaire pour les véhicules électriques, que les constructeurs peuvent utiliser à leur guise....

Il n'y a pas non plus de vision d'un éventuel transfert d'emplois vers d'autres secteurs, comme l'assemblage et le recyclage des batteries, même en prenant en compte l'utilisation de batteries de seconde vie. Il n'y a pas non plus d'ouverture aux architectures dans lesquelles les véhicules électriques contribuent à équilibrer le réseau électrique national et à développer les énergies renouvelables.

Cependant, c'est ainsi que le grand public peut mieux comprendre le rôle que l'électromobilité peut jouer dans la société. Tout n'est pas des ruines et des limites. Cela ouvre également de nouveaux horizons.

Philippe SCHWOERER

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