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Voiture électrique : l’épineuse question de la facturation au kWh

Pour recharger une voiture électrique dans les bornes publiques, il est parfois nécessaire de jongler avec des tarifs extravagants. Par minute, prix fixe, énergie consommée, par heure, selon une formule combinée: les opérateurs de terminaux rivalisent d'inventivité, au détriment de l'utilisateur. Mais pourquoi ne pouvons-nous pas recharger aussi facilement qu'un plein d'essence, en ne payant que sa consommation? Éléments de réponse avec Gilles Bernard, président de l'AFIREV.

En France, le réseau européen de recharge ultra-rapide Ionity avait auparavant facturé ses recharges «au kilowattheure», en fonction de l'énergie consommée. Un principe similaire à celui d'une station-service, qui ne facture que les litres de carburant chargés. Mais en juillet 2020, l'opérateur est soudainement passé à une facturation «à la minute» moins juste. Un choc qui ne concernait que les stations en France et qui n'a jamais été justifié par la marque. Si Ionity n'a pas répondu à nos demandes de précisions, le président de l'Association française de recharge en itinérance des véhicules électriques (AFIREV) nous éclaire sur cet événement.

La facturation en KWh n'est pas illégale

Selon Gilles Bernard, "il n'est pas illégal de facturer des kilowattheures" en France. Si la loi mérite plus de clarté sur cette question, elle laisse les opérateurs libres d'appliquer ce mode de paiement. La récente loi sur l'orientation mobilité (LOM) indique également qu'un opérateur de recharge "n'exerce pas une activité d'achat d'électricité pour la revendre aux consommateurs finals [

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] mais plutôt une activité de fourniture de services ". Cependant, pour la facturation en kWh, le terminal doit être équipé d'un compteur d'énergie conforme à la norme «MID». Seul ce modèle peut être utilisé pour compter légalement l'électricité. Et selon le président de l'AFIREV, "Ionity n'a peut-être pas installé le compteur DC standard derrière la prise." Un manque de conformité qui aurait effrayé le réseau de fret, notamment parce que «les autorités de surveillance commerciale commencent à interroger sévèrement les opérateurs, elles leur demandent comment compter», explique Gilles Bernard..

Exemple de tarifs affichés dans certains terminaux: grille tarifaire.

Quel prix est le plus juste ?

Plusieurs opérateurs proposent toujours le paiement au kilowattheure en France, à commencer par le plus célèbre: Tesla, avec ses compresseurs. Certains réseaux d'unions départementales de l'énergie et celui de la CNR appliquent également ce tarif simple. Mais le choix de cette méthode de facturation n'est pas qu'une question de lois et de règlements. De nombreux réseaux décident d'appliquer un tarif combinant temps et consommation, ce qui leur est plus juste et plus rentable. Une formule idéale selon le président de l'AFIREV, qui préconise ce "couple de kilowattheures et de temps de séjour, car le temps qui reste connecté immobilise le point de recharge et est un facteur de coût [pour l'opérateur, ndlr.]".

«Les gens n'achètent pas d'électricité mais un service de recharge» lorsqu'ils se connectent à une borne, explique Gilles Bernard. Par conséquent, l'AFIREV ne recommande pas de facturer un seul kilowattheure, car cela "ne reflète pas les coûts" selon le président de l'association. «Deux voitures, dont l'une a une batterie presque chargée et l'autre presque déchargée, restent connectées à une station de charge conventionnelle pendant cette période. de la même manière », explique-t-il..

Une méthode de facturation obligatoire à l'avenir ?

Les opérateurs peuvent également être tentés de ne facturer qu'à la minute pour de simples raisons de coût. Laissant de côté le tarif du kilowattheure, ils peuvent se passer du coûteux compteur calibré qui sera installé dans chaque terminal. Ils évitent également tout risque juridique et évitent un dilemme: l'électricité doit-elle être facturée avant ou après la conversion du courant alternatif au courant continu? Si les bornes DC rapides comptabilisent les kilowattheures livrés au véhicule après la transformation (laissant ainsi les pertes à la charge de l'opérateur), les bornes AC de proximité ne peuvent facturer que la consommation brute (le courant est transformé à bord du véhicule avec ce type de borne ). Donc, pour mémoire, lors de la charge d'un Hyundai Kona 64kWh de 10 à 100% sur une borne CA de 22kW, on nous a facturé 64,5kWh, ce qui est plus que la capacité de la batterie. Une curiosité tout à fait normale, les chargeurs embarqués affichent plus ou moins de pertes selon les véhicules.

Payer le kilowattheure est donc une question complexe, qui doit être clairement encadrée par la loi. Tout comme une station-service est soumise à des normes strictes pour la livraison de carburant, une station doit se conformer à une charte universelle pour la vente de recharges. L'AFIREV affirme avoir formé un groupe de travail sur la question et annonce des progrès "d'ici la fin de l'année". Reste à accorder des violons à l'échelle européenne, désormais tous les pays sont libres d'autoriser ou non ce mode de paiement. À l'avenir, un modèle unique pourrait être imposé, comme l'a fait la Californie en rendant obligatoire la facturation en kilowattheures à partir de 2020.

Bornes de recharge: la Californie rend obligatoire la tarification par kilowattheure

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