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Electrique, hydrogène, GNV… les syndicats d’énergie acteurs d’une mobilité multi-énergies

Il y a quelques années, voire quelques mois de plus, la situation de la mobilité durable en France était claire. Trois technologies se sont démarquées, chacune avec ses partisans, dans la plupart des cas peu ouverts aux deux autres. Derrière la mobilité électrique généreusement promue avec des batteries de traction - notamment par les pouvoirs publics - les solutions gaz naturel et hydrogène sont légèrement en retrait. Les acteurs clés des 3 secteurs, y compris les communautés, les syndicats de l'énergie et les opérateurs de distribution, pensent désormais plus globalement. Cette première section traite de l'évolution des scénarios de mobilité durable au niveau des unions énergétiques..

Mots capturés lors d'une inauguration

«Il y a 4 ou 5 ans, on ne parlait pas de GNV, mais uniquement de mobilité électrique». Ces propos ont été prononcés par Jean Gaubert, courtier national de l'énergie, président du SDE22 et vice-président du pôle énergétique de Bretagne, lors de l'inauguration de sa station méthane à Vannes (56) par Morbihan Energies. -bioGNV. Le vendredi 16 mars 2018, il a également révélé: «Bien que les systèmes énergétiques n'aient pas changé depuis 50 ans, les choses ont changé presque tous les jours ces dernières années. Les certitudes que nous avions, même s'il y a seulement 2 mois, tremblent ». Cependant, ce n'est pas l'union énergétique des Côtes-d'Armor qui représente aujourd'hui le mieux l'évolution vers une organisation de la distribution des 3 énergies, mais celle d'un département. à proximité: les énergies du Morbihan. Son président, Jo Brohan, nous expliquait avec passion, fin mars, le combat qu'il mène en nous prévenant d'emblée: «Nous sommes sur 3 fronts sans favoriser personne! ".

190 terminaux

A ce jour, 190 stations-service pour véhicules électriques et hybrides rechargeables ont été installées dans le Morbihan. Parmi eux, 12 sont réservés à la recharge rapide, installés en bordure de routes très fréquentées. Le président de Morbihan Energies n'est pas un homme qui aime le cacher. Je tiens à préciser: "Cette volonté de développer le réseau pour couvrir l'ensemble du territoire a été adoptée en concertation avec les élus locaux"..

Quiconque suit la mobilité électrique depuis des années sait que le Morbihan est un département pionnier dans l'installation d'IRVE. D'ailleurs, pourquoi ne pas attendre le déploiement promis de Bolloré dans le cadre de son célèbre programme «dimension nationale»?? ?

2 raisons

Si Morbihan Energies a décidé dès le départ d'un plan de maison pour l'interconnexion de son territoire avec les bornes de recharge, c'est pour deux raisons. «Les terminaux Bolloré n'ont pas répondu à nos attentes. C'était 3 ou 7 kW », explique Jo Brohan pour l'ancien.

Et le deuxième? «Nous ne voulions pas reproduire ce que les commerçants ont vécu il y a des décennies avec l’arrivée des stations-service pour la grande distribution. Avec Bolloré, une série de terminaux ont été installés dans les parkings des supermarchés, sans doute avec l’idée Je fais affaire avec des artisans depuis 35 ans et je connais l'époque où les supermarchés vendaient du carburant à perte pour attirer les clients. S'il n'y a pas d'approvisionnement, pourquoi les gens continueraient-ils à aller dans les municipalités? Nous avons choisi d'installer nos terminaux accéléré avec les épiceries ou les services administratifs de la mairie », précise le président de Morbihan Energies.

Chemise terminée ?

«Nous avons reçu des demandes de services supplémentaires. Nous verrons plus tard si le territoire est suffisamment couvert ou non. Alors se posera la question du financement. Avec le programme d'aide lancé par l'État, les collectivités n'ont dû payer que 10%, soit environ 1 200 euros par terminal. Quelles pourraient être les conditions financières pour achever le réseau? On ne sait pas », Jo Brohan répond à notre question sur une éventuelle extension du réseau..

GNV basé sur une double observation

«Nous sommes entrés dans le GNV car la station-service la plus proche se trouvait alors à Nantes. Il n'y avait rien à la pointe de la Bretagne. Le deuxième constat que nous avons fait est la multiplication des ordres des conseils municipaux pour interdire la circulation des véhicules diesel. Les messagers et les transporteurs ne se tourneront pas forcément vers l'électricité », explique Jo Brohan pour expliquer pourquoi Morbihan Energies s'intéresse à la mobilité au méthane. De son côté, Jean Gaubert est convaincu que le méthane est le carburant des poids lourds de demain: "Bien sûr, il y a des transporteurs qui embrassent la mobilité électrique, mais le méthane est plus convaincant". Pouquoi? Il énumère: "Des temps de ravitaillement corrects, pas de véhicules plus lourds grâce aux batteries embarquées. La solution GNV est la plus proche de ce que les transporteurs savent sur le diesel."..

Station GNC nouvellement ouverte à Vannes

13 opérateurs intéressés

Une enquête menée dans la région de Vannes a révélé que 13 opérateurs étaient déjà intéressés par la mobilité au méthane. Dans une zone où la construction d'une usine de digestion anaérobie était déjà prévue. «Il est essentiel que les agriculteurs s'impliquent dans un projet de ce type, pour que l'usine de digestion anaérobie soit acceptée et que sa construction reçoive le soutien de la population», explique Jo Brohan...

Pour un GNV vert, produit et consommé localement, les partenariats sont essentiels, impliquant les communautés et les agriculteurs. En Vendée, via Agribiométhane, les agriculteurs ont ouvert une première station de remplissage de gaz naturel pour la mobilité. Le syndicat départemental de l'énergie, SyDEV, suit également de près un programme de lancement de ce secteur.

Nouvelles stations

«Morbihan Energies prévoit deux nouvelles ouvertures de stations GNV», précise Jo Brohan: «Caudan, près de Lorient, avec terrain déjà balisé, et au nord de Pontivy, vers Loudéac, avec la particularité d'un accord avec la base Intermarché». Cette plate-forme logistique, actuellement en construction, devrait ouvrir ses portes à l'été 2018. Les grands détaillants dépendent actuellement fortement des chargeurs pour une mobilité décarbonée maximale, ce qui affectera leur empreinte CO2 globale. intérêt pour certains automobilistes privés La conversion pour des véhicules plus anciens est également possible.

Hydrogène

Pionnier dans le domaine de la mobilité électrique et du GNV, Morbihan Energies est également pionnier dans le domaine de l'hydrogène. «Je suis convaincu que ce sera le carburant de demain, peut-être dans l'hybridation batterie / pile à combustible», déclare Jo Brohan..

Son usine teste actuellement une station compacte installée par Atawey, une entreprise basée près de Chambéry, en Savoie. Cet équipement vous permet de faire le plein de la Hyundai ix35 aux couleurs de l'usine bretonne. «Les énergies du Morbihan roulent avec le soleil de Vannes», aime à dire son président. «Nous sommes actuellement les seuls en France à disposer d'une station de ce type alimentée par électrolyse grâce à des panneaux photovoltaïques installés sur les toits de nos bâtiments», explique-t-il...

Pour les besoins en énergies renouvelables

"L'hydrogène est le moyen idéal pour stocker l'énergie photovoltaïque et éolienne. Sans stockage, la production s'arrête. Avec une solution d'hydrogène, nous produisons et stockons du gaz sans date d'expiration", se souvient Jo Brohan..

Un scénario confirmé par Olivier Loizeau, directeur général de Vendée Energie, le SEM créé par le SyDEV pour donner les moyens d'exploiter les sources d'énergie produites dans la région. Dans ce département, appelé «Territoire de l'Hydrogène» par le ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, il existe également un projet de mobilité autour de ce gaz. La date de mise en service du premier électrolyseur est prévue pour 2019. «Il s'agira de fournir des chariots élévateurs pour les besoins logistiques du port des Sables-d'Olonne, le gaz est produit sur place», justifie Olivier Loizeau. Mentionner un "plan national hydrogène qui devrait être annoncé prochainement".

Parc éolien 2003

«Nous recherchons notre modèle économique pour notre parc éolien qui a ouvert en 2003 et qui perdra cette année le bénéfice des tarifs réglementés avantageux dans le cadre de l'obligation d'achat. De 8,2 centimes d'euros par kWh, on descend à 4,5 centimes fluctuants si l'on vend notre électricité sur le marché européen de l'énergie. Le parc est désormais amorti. Une restructuration lui permettrait de produire de l'électricité pendant encore dix ans », souligne le PDG de Vendée Énergie. Nous ne sommes qu'au début de l'hydrogène, mais sa puissance énergétique le rend très intéressant, notamment parce qu'il peut être produit en quantité sans émission de CO2 et intègre des architectures de smart grid ». supplie.

Avec Michelin et Engie

Dans le Morbihan, la mobilité hydrogène ne se résume pas à la station installée dans le parking de l'Union de l'énergie. «Nous avons un important programme en cours en collaboration avec Engie Cofely et Michelin. Je vais à Paris le 5 avril pour signer le contrat », déclare Jo Brohan..

«Michelin utilise déjà l'hydrogène dans son activité de dessin de carcasses de pneus pour nettoyer les câbles avant de les insérer dans le caoutchouc», explique-t-il. Le gaz provient actuellement de l'usine Air Liquide de Montoir-de-Bretagne (44), à environ 80 kilomètres. Mais Michelin compte le produire par électrolyse sur place à l'aide de panneaux photovoltaïques installés à proximité de son unité dans le quartier Prat de Vannes. Le surplus sera mis à la disposition des utilisateurs de véhicules électriques à pile à hydrogène..

Quelle clientèle

«Cette nouvelle station, ouverte au public, sera très proche de la station CNG qui a ouvert à la mi-mars», ajoute Jo Brohan. Pour quelle clientèle? L'avenir le dira! «L'hydrogène fait partie des travaux les plus récents sur l'énergie, mais probablement sans grande application dans le mix énergétique depuis 10 ou 15 ans», évalue Jean Gaubert.

Et la mobilité? "Ce sera compliqué! Ce ne sera pas pour demain, car nous devons créer une infrastructure de stockage", a-t-il déclaré. Et quand on pense à la charge qu'il ferait peser sur une structure telle qu'une union énergétique, dont celle des Côtes-d'Armor qu'il préside, il admet: «Ce n'est pas facile à faire.» Organiser 3 circuits de puissance simultanément sur le sol..

Automobile Propre et moi remercions chaleureusement Jean Gaubert, Jo Brohan et Olivier Loizeau pour leur grande réactivité et le temps qu'ils ont mis à répondre à nos questions...

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