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Bientôt un bonus-malus selon le poids des voitures ?

Pour réduire les émissions de CO2, France Stratégie recommande de créer un système de bonus-malus basé sur le poids des voitures. Selon l'annexe Matignon, il est impératif de freiner l'appétit des automobilistes pour les SUV, de limiter la production de «réservoirs» électriques et la course aux très grosses batteries....

A chaque lancement d'une grosse voiture électrique à batterie, vous êtes nombreux à dénoncer dans les commentaires une "course à l'autonomie" et la masse souvent disproportionnée de véhicules. Critique pertinente puisque France Stratégie vient de publier une note d'analyse sur ce sujet. L'organisme qui rend compte au Premier ministre rapporte l'augmentation continue des émissions de CO2 du secteur des transports en Europe: + 28% entre 1990 et 2017. Pour arrêter cette augmentation, il ne suffirait pas de limiter les émissions de gaz d'échappement. La politique de seuils d'émission imposée par l'Union européenne aux constructeurs est même "un échec".

Une «fausse» réduction des émissions de CO2

En effet, si les émissions de CO2 avaient diminué de 30% entre 2001 et 2017 sur la base des tests d'homologation en laboratoire, elles n'auraient diminué que de 10% dans des conditions de conduite réelles....

Les deux tiers de la chute depuis 2001 sont fictifs, accuse Nicolas Meilhan, auteur de la note. Selon ce cabinet de conseil spécialisé dans les transports et l'énergie, il faudrait donc créer un bonus-malus supplémentaire, indexé sur la masse des voitures. Un système déjà utilisé en Norvège qui "aurait un impact direct sur la cause profonde de la consommation d'énergie des voitures et limiterait les tentatives des constructeurs pour contourner les prescriptions".

Pénalité de 17500 euros pour l'Audi Q7

Dans ce pays, une Audi Q7 de 2,2 t entraîne une pénalité de 20 000 € contre 1 000 € pour une Smart Fortwo d'environ 900 kg. Inspiré de ce modèle, Nicolas Meilhan propose à l'Union européenne de créer un bonus-malus qui permettrait à un ForTwo "de bénéficier d'un bonus de 1500 euros à l'achat alors qu'un Audi Q7 devrait payer une amende de 17 500 euros".

En France, ce système viendrait s'ajouter à l'existant indexé sur les émissions de CO2. Selon l'auteur, la mesure encouragerait les constructeurs à développer des voitures plus légères et donc plus économes en énergie et ralentirait le développement des SUV et des "réservoirs électriques de plus de 2 tonnes avec un gain environnemental plus que limité". Bénéficiant aujourd'hui d'un bon écologique de 6 000 euros, une Audi e-Tron «qui coûte plus de 80 000 euros et pèse 2,5 tonnes, dont 700 kg de batteries, devrait payer une amende de 10 000 euros». euro, correspondant à la composante poids de ce bonus-malus appliqué à son poids sans batterie », explique-t-il.

Un retour aux batteries de petite capacité ?

La note prend également en charge l'utilisation de voitures électriques équipées de petites batteries, citant la e-city Valeo et sa consommation particulièrement faible de 8 kWh / 100 km, ainsi que la Renault Zoé 22 kWh. Ces véhicules permettent «de couvrir la grande majorité des déplacements quotidiens et [pourraient donc] remplacer la deuxième voiture, souvent d'occasion, détenue par 30% des familles françaises», précise le document....

La réduction de la capacité de l'accumulateur est également encouragée. Par exemple, la batterie de 75 kWh d'une Tesla Model 3 pourrait couvrir 80 pour cent des utilisations de cinq voitures "si elle était uniformément divisée en cinq batteries de 15 kWh", selon l'auteur. De cette manière, les économies d'énergie ne sont plus obtenues uniquement lors de l'utilisation du véhicule mais également lors de sa fabrication. Une grosse batterie implique en fait une plus grande consommation de ressources lors de sa fabrication..

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